1

 Les enfants avaient bien dormi et la petite Maïwenn fêtait aujourd'hui son anniversaire. Adieu petit lit d'enfant de cinq ans, bonjour chambre de petite fille faisant bientôt son entrée à l'école. Le petit Trey, lui, avait passé une nuit complète, sans cauchemar. Ce qui avait fait un bien fou au couple qui avait pu profiter d'une nuit complète.

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 Au petit déjeuner, les deux parents et leur fille qui a bien grandi prennent leur petit déjeuner.

- Joyeux anniversaire ma puce ! dirent Ludovic et Elora en embrassant leur fille.

- Merci, dit la fillette en rougissant de plaisir. Puis elle s'installa à table tandis que son père découpait des parts de gâteaux pour les servir.

- On va au parc aujourd'hui maman ? demanda Maïwenn avec espoir.

- Bien sûr, je te l'avais promis ma chérie, lui dit sa mère. Elle sourit devant l'enthousiame de sa fille lorsqu'un grand sourire se forma sur ses lèvres. Ludovic ajouta :

- Mais avant ça, on doit finir de monter ton nouveau lit, enfin moi, ta maman doit se reposer.

- Les bébés te fatiguent beaucoup maman ? 

- Oui un peu ma chérie, lui dit sa mère avec un sourire, ils bougent beaucoup, ils ont hâte de sortir et de rencontrer leur grande soeur. 

Quelques jours plus tôt, Elora, après avoir été à une échographique avec son époux, avait appris qu'elle était enceinte de jumeaux. Elle en était heureuse mais cette grossesse la fatiguait énormément. Elle avait aussi appris qu'il serait plus prudent pour elle de ne pas retomber enceinte après. Son corps ne le supporterait pas. Elle avait eu peur. Est-ce que le challenge auquel son époux participait serait valide ? Ou devrait-elle retomber enceinte ? Elle ne connaissait pas les règles, et ne savait pas si des jumeaux comptaient comme un ou deux enfants. Elle cacha ses doutes et sourit, elle ne devait pas gâcher la journée de sa petite princesse aujourd'hui.

3

 Aux alentours de treize heures, après avoir déjeuné en famille, la famille se rendit au parc. Les deux parents s'assirent sur un banc et regardèrent leur enfant. Maïwenn s'amusait sur la balançoire en riant tandis que Trey, du haut de sa pousette, babillait et riait sous le sourire attendri de ses parents. 

- Maman ! Tu viens jouer avec moi à la balancelle ? demanda Maïwenn.

- D'accord ma puce mais pas longtemps.

- Promis.

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 Maïwenn et sa mère s'installèrent, Elora allait doucement, son gros ventre ne lui permettant pas d'aller plus vite, et puis elle ne tenait pas à blesser sa fille, c'était assez comme cela. Ludovic lui avait pris Trey dans ses bras. Le bébé s'amusait à poser ses pieds sur le torse de son père et à pousser sur ses petites jambes, ce qui ne manquait pas de le faire rire lorsque son père, mimant la douleur, grimaçait. 

5

 Finalement, la famille se dirigea vers l'aire de pique-nique l'heure du diner approchait.

- J'ai faim maman, dit Maïwenn tout en jouant avec le sable. 

- Papa est en train de préparer les hamburgers, patience ma puce.

- D'accord, et après on fera quoi ? demanda-t-elle.

- Après on rentrera à la maison, ton frère est fatigué et moi aussi, la journée a été longue tu sais.

- Oui mais trop bien ! C'est un super anniversaire ! dit la petite fille avec un grand sourire.

- Je suis contente que cela t'ai plu, répondit Elora en souriant.

6

 Maïwenn se levait pour aller voir où en était son père lorsque sa mère l'appela.

- Maïwenn, ils bougent, tu veux toucher ? 

- Je peux ? demanda-t-elle, curieuse.

- Bien sûr, viens, regarde juste là, dit-elle en baissant pour être un peu plus à la hauteur et en désignant l'endroit où l'un des bébés donnait des coups de pieds.

- Oh ! Mais ça te fait pas mal ? demanda la fillette après avoir senti l'un des jumeaux.

- Non, ça va. Là, ce n'est pas trop douloureux.

- Des fois ça l'est ? 

- Oui mais pas souvent ne t'en fais pas dit-elle pour la rassurer.

7

- Vous êtes prêtes à passer à table mes amours ? demanda Ludovic. C'est prêt.

- Ouiiii ! s'exclama Maîwenn en allant se mettre à table.

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 La petite famille mangea en discutant de tout et de rien.

- Je peux en reprendre un ? demanda Maïwenn.

- Tu es sûre que tu mangeras tout ? la questionna son père.

- Oui j'ai très faim et ils sont trop bons tes burgers papa !

- Alors vas-y ressers-toi, dit-il avec un sourire.

Puis une fois que toute la famille eut mangé, ils s'sintallèrent dans la voiture et prirent le chemin de la maison.

9

 Après que Maïwenn eut pris sa douche, elle chercha son père, sa mère dormait déjà et elle ne voulait surtout pas la réveiller.

- Maïwenn ? Qu'est-ce que tu fais encore debout ? la questionna son père en la voyant dans le couloir un livre à la main.

- Tu veux bien me lire une histoire ? demanda-t-elle en se mordant la lèvre, il était près de vingt et une heure, elle devrait déjà dormir depuis au moins une demi-heure mais elle n'y arrivait pas.

- D'accord, j'arrive, dit Ludovic en prenant le livre des mains de sa fille. 

Maïwenn s'installa dans son lit et écouta son père lui raconter les fantastiques aventures de Raynald, l'aventurier courageux.

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 Elle finit par s'endormir,  longtemps avant la fin de l'histoire. Ludovic posa le livre sur la table de nuit avant de déposer un baiser sur le front de sa fille en lui souhaitant de passer une bonne nuit. 

 

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 Quelques mois plus tard, au beau milieu de la nuit, Elora se réveilla en criant. Les bébés arrivaient. Ludovic appela en quatrième vitesse son frère pour qu'il garde un oeil sur les enfants avant d'emmener sa femme à l'hôpital.

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 Au petit matin, Maïwenn fut bien surprise de trouver son oncle à la maison, mais lorsqu'elle lui demanda pourquoi il était là, il lui dit que c'était parce que sa maman allait avoir ses bébés. Maïwenn était toute excitée, et voulait aller voir sa mère maintenant mais son oncle fut ferme. Elle devait aller à l'école. Elle prit donc son petit déjeuner pendant que ce dernier allait s'occuper de Trey.

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 L'accouchement avait été difficile. L'un des jumeaux était mal positionné et il avait fallu procéder à une césarienne. Ludovic avait eu la peur de sa vie. Il avait cru qu'il allait perdre l'un de ses enfants et sa femme tant il y avait de sang. Mais au final deux magnifiques bébés en pleine santé virent le jour. Prénomés Eddwin et Maëlyn, les jumeaux se portaient à merveille et quelques jours plus tard, lorsqu'Elora fut remise, ils purent rentrer tous les trois à la maison. N'ayant pas eu le temps de remonter le nouveau lit de Trey qui pouvait maintenant dormir dans un lit sans barreau, les premiers jours à la maison furent un peu chaotiques. Mais très vite chaque enfant eut son propre lit et les berceaux que l'hôpital leur avait prêté furent rendus.

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 Les journées se succédaient les unes aux autres, Eddwin, bien qu'il fut plus calme que son frère au même âge, demandait beaucoup d'attention et régulièrement les deux parents se partageait les tâches, trouvant une nouvelle routine, un nouveau rythme. 

Maïwenn avait bientôt sept ans, Trey trois et les jumeaux fêteraient bientôt leur un an.

15Ludovic mit Trey dans son lit. Il s'inquiétait. Il n'avait pas eu de nouvelles des gérants du challenge. Etait-il terminé ? Pouvait-il vivre leur vie comme il  le voulait vraiment ? Aurait-il le droit de se trouver un emploi dans la cuisine comme il le voulait depuis plusieurs années maintenant ? Mais si le challenge n'était pas fini... Comment ferait-il ? Sa femme ne pouvait plus avoir d'enfants, sa dernière grossesse avait été trop dangereuse pour elle comme pour leurs enfants. Il espérait de tout coeur avoir bientôt des nouvelles. Il avait envoyé comme sa mère le lui avait dit, les certificats de naissance de ses derniers enfants, voilà près d'un an... Mais maintenant ? Que faire à part attendre ? 

- Papa triste ? demanda Trey en regardant son père.

- Non poussin, fatigué, dit Ludovic en se forçant à sourire. Il embrassa son fils sur son front, dors maintenant, il est tard. 

- Nuit papa, dit le bambin en s'allongeant dans son lit. 

- Bonne nuit poussin. 

Il rejoignit sa femme après avoir éteind la lumière et s'allongea près d'elle. Il était inquiet. Elle se tourna vers lui et le serra dans ses bras.

- Tout va bien se passer. Je suis sûre que nous aurons bientôt des nouvelles.

- Tu as vu quelque chose ? demanda-t-il, sachant que son épouse grace à ses pouvoirs qu'elle tenait de son père, Merlin avait des prémonitions.

- Non, je ne peux rien voir qui concerne notre famille, dit-elle en lui caressant la joue, mais je le sens. Mon instinct de femme me le dit, lui dit-elle en lui volant un baiser.